C’est l’histoire d’un CD sorti de nulle part et qui annonce l’arrivée d’un groupe de rock français, un vrai. Un premier CD qui marque tellement il est riche de titres réussis.
Eiffel, groupe mené par Romain Humeau, est selon moi l’un des rares groupes français qui puisse faire patienter avant le retour de Noir Désir. Et ce n’est pas Abricotine qui me fera changer d’avis. Peut-on imaginer un premier CD qui lance mieux la carrière d’un groupe?
Le style est là, c’est évident : un côté rebelle et punk évoquant sous des airs poétiques le sexe, la drogue et la mort. Etonnant mélange, qui place idéalement groupe entre le populaire et l’inclassable, évitant à la fois l’insipide et le trop torturé.
La consistance est là également. Alors que certains premiers CDs donne l’impression (logique) que le groupe se cherche et se teste, Abricotine vous jette dès le début des titres excellents. Vous commencez par Dragqueen et continuez avec Inverse moi, puis Hype (l’hymne du groupe), Te revoir et Abricotine & Quality Street. Vous n’avez pas eu le temps de vous ennuyer et vous êtes déjà à la moitié du CD. Ces quelques titres marquent au passage l’hétérogénéité de l’album.
La suite est tout aussi recommandable. On remarquera au passage Je ne voudrais pas crever, cette douce adaptation du texte de Boris Vian.
Alors oui, certaines critiques pointeront l’absence de sens des paroles. Mais y a-t-il toujours besoin de tout comprendre directement? Ne peut-on pas juste apprécier la construction d’une phrase ou l’opportune juxtaposition de certains termes (”personne ne m’a vu naître, personne ne me verra mourir”; “Prise sur le vif, majorette au latex facile. Elle se ressert une tranche de nulle part”; “l”amour en guise de cage”)? Personnellement, j’y vois surtout beaucoup d’images et d’hyperboles (je ne pensais pas un jour utiliser ce mot…) qui servent à “donner de l’importance à des sentiments simples, humains”, comme l’explique Eiffel.
Voilà 5 ans que j’écoute régulièrement cet album, et j’y trouve toujours le même plaisir. Acheté à la FNAC à 6€, je crois qu’Abricotine est un des meilleurs rapports qualité/prix que j’ai connu. Pas mal pour un album qui, selon le site du groupe, a été “enregistré et réalisé dans une cave, un grenier et un appartement”…
Détails
Année : 2001
Genre : la touche française (en savoir plus)
Label : Virgin
A écouter : encore et encore
Intérêt : *****

[...] Pour ce qui est de découvrir, je vous ai fait une chronique de leur (magnifique) premier CD – Abricotine-, du dernier -Tandoori- et du CD solo de Romain Humeau -l’éternité de l’instant-. [...]
Par La fin du rock français? Au tour d’Eiffel? « Happy Few le octobre 13, 2007
à 5:37