Amateurs de guitares, ce groupe de Brooklyn est (entre autres, mais surtout) pour vous. De” guitares” au pluriel, car ce n’est pas ici la finesse ou la technicité qui sont particulièrement remarquables, mais l’omniprésence et la puissance maîtrisée. Je cherche en vain un groupe qui en use aussi bien sans que cela n’en devienne caricatural, et c’est en cela que TV On The Radio (TOTR) est une formation qui impressionne. La puissance qui se dégage de leurs compositions sur ce dernier album paru en 2006 est à couper le souffle d’ailleurs je n’en respire plus aussi librement. Les plages de ces fameuses guitares sont ce qui se fait de mieux en ce moment au niveau de l’utilisation de l’électricité… et tant pis pour la consommation d’énergie !
Il est amusant de noter que je vous parle en premier lieu de cet instrument somme toute assez répandu, notamment sur ce site, alors que TOTR est un groupe qui a largement de quoi se démarquer. Tout d’abord, le chanteur. C’est un afro-américain, ce qui demeure rare dans un groupe de ‘rock’. Qui plus est, au contraire du vocaliste de Bloc Party (Kele Okereke ayant un timbre rappelant Robert Smith de The Cure), Tunde Adebimpe a une voix indissociable de ses origines ethniques. Qui n’a jamais rêvé d’entendre du Led Zepp chanté par Ray Charles ou du Archive par Hendrix ? Hum… Toujours est-il que TOTR est admirablement servi par son chanteur, qui passe de la frénésie fiévreuse (sur Wolf Like Me) à la douleur (Blues From Down Here) comme vous et moi passerions une porte - mais en un peu plus intéressant. Il y a 4 blacks dans ce groupe de 5, et leurs racines soul qui affleurent sur Hours ou Province puisent leur puissance dans les rythmes tribaux, caractéristiques de chansons comme Let The Devil In.
« Et le 5ème larron, dans tout ça ? » me direz vous ? Mr David Andrew Sitek est parfois décrit comme le « cerveau » du groupe, mais les médias sont très friands de « cerveaux », puisque cela leur permet d’affirmer qu’ils ont interviewé un génie - et les génies, c’est la classe. Pour toutes les raisons ci-dessus, je ne suis pas d’avis de lui attribuer l’entière paternité du son de TOTR. Cependant, son rôle est indéniablement crucial, pour la simple raison que 57 minutes de guitares saturées font difficilement à elles seules un grand album. Or le Retour à la Montagne de Cookies en est un, parce que le white boy de TOTR s’y connaît en électronique. Oui, amateurs de guitares, je confesse qu’elles sont mises en valeur par des sons artificiels. Non, cela ne dénature pas le résultat, et ce parce qu’elles ne sont pas saupoudrées a posteriori, mais bien présentes dès la conception de chansons telles que Playhouses (et son beat de folie). Il en va de même pour les partitions de piano, en rien gratuites. En un mot comme en cent, TOTR est un groupe complet, et même bien plus que la moyenne, qui mérite réellement qu’on y prête une oreille attentive - au bout de la 3ème écoute, vous devriez être conquis.
Et au bout de la 20ème, vous serez heureux de savoir que leur 1er album, Desperate Youth, Blood Thirsty Babes, est au moins aussi impressionnant !
Jon
Détails
Année : 2006
Genre : 2000’s Rock (en savoir plus)
Label : 4AD
A écouter : dans la jungle urbaine
Intérêt : *****
http://www.tvontheradio.com/
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